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La promenade qui court sur le rempart face à la mer, la promenade de l'Amiral de Grasse, fait 542 mètres. Elle est gratuite, sans grille et ouverte jour et nuit. En enchaînant les repères du bastion Saint-Jaume au bastion Saint-André, on marche environ 1,2 kilomètre, soit un petit quart d'heure sans les arrêts.
Ici, on voit le soleil se lever, pas se coucher
Les remparts regardent vers l'est, vers la baie des Anges et Nice. Le lever de soleil s'y voit sur la mer, et le coucher se passe dans votre dos, derrière la ville. Pour un soleil couchant côté mer, passez de l'autre côté, à Juan-les-Pins, qui regarde vers l'ouest.
Le parcours, repère par repère
Dans ce sens, on finit par le bastion Saint-André et son musée, puis on redescend vers le marché provençal ou vers la plage selon l'heure.
| Étape | Ce que c'est | Depuis l'étape précédente | Entrée |
|---|---|---|---|
| 1. Bastion Saint-Jaume | La pointe du port Vauban, au pied des grands yachts. Le départ le plus logique | Point de départ | Libre |
| 2. Porte Marine | L'entrée historique de la vieille ville côté port, percée au XVIIIe siècle | 311 m, 4 min | Libre |
| 3. Cathédrale Notre-Dame-de-la-Platea | Sa façade ocre et son clocher roman, adossés au rempart | 348 m, 5 min | Libre |
| 4. Château Grimaldi | Le musée Picasso, posé sur le mur. Sa terrasse de sculptures domine la mer | 51 m, 1 min | 12 €, réduit 8 € |
| 5. Cours Masséna | Le marché couvert, juste derrière le rempart. Le matin uniquement | 64 m, 1 min | Libre |
| 6. Fontaine de la Tourraque | Le quartier le plus ancien, sur le rocher grec. Ruelles étroites et escaliers | 136 m, 2 min | Libre |
| 7. Place du Safranier | La commune libre du Safranier, ses maisons basses et ses treilles | 121 m, 2 min | Libre |
| 8. Bastion Saint-André | Le bout du mur, et le musée d'Archéologie installé dedans | 205 m, 3 min | 5 €, réduit 3 € |
Distances mesurées d'un repère à l'autre et converties en minutes de marche. Tarifs des musées municipaux publiés par la Ville d'Antibes Juan-les-Pins. Un Pass Musées à 15 euros couvre le musée Picasso, le musée d'Archéologie, le musée Peynet et le Fort Carré, et reste valable sept jours. L'entrée est gratuite pour les moins de 18 ans.
Le parcours sur la carte
Les huit étapes dans l'ordre, les deux bastions en doré. Cliquez un point pour le détail. Le tracé relie les repères, il ne suit pas le mur au mètre près.
Combien de temps avez-vous
Choisissez le temps dont vous disposez, l'outil propose un programme.
Soleil, houle et accès
Le mur est en plein soleil. La pierre chauffe toute la journée et renvoie la chaleur, et entre midi et 16 heures en juillet la promenade devient pénible. Le matin tôt, la lumière est rasante sur la mer et vous croiserez surtout des pêcheurs et des coureurs.
Par vent d'est, la mer passe par-dessus. Le mur prend la houle de plein fouet, et un jour de coup de vent les paquets de mer arrosent la promenade. On évite alors d'y aller avec de jeunes enfants.
Le sol est irrégulier. Le pavé ancien, les ressauts et quelques marches aux raccordements rendent la promenade inconfortable en fauteuil ou en poussette à petites roues. L'accès le plus plat se fait par la Porte Marine, côté port.
Pour la voiture, sachez que le stationnement du secteur n'est payant qu'en semaine, de 9h à 12h et de 14h à 18h, et que la première heure est gratuite pour tout le monde. Le détail est sur notre page parking à Antibes. Le plus proche est le souterrain du Pré aux Pêcheurs, 600 places, à 245 mètres de la place Nationale.
Histoire des remparts d'Antibes
Antibes n'a pas eu un rempart, elle en a eu six ou sept, empilés les uns sur les autres pendant vingt-cinq siècles. Chaque époque a repris le mur de la précédente, l'a rehaussé, épaissi, puis l'a fait sauter. Ce qu'on longe aujourd'hui est le dernier état, et il ne représente qu'une fraction de ce qui existait il y a cent cinquante ans.
Les Grecs, puis les Romains
Les Grecs de Phocée s'installent sur le rocher antibois à partir du milieu du VIe siècle avant notre ère. Le site se défend seul sur trois côtés, et ils ferment le quatrième. Des fouilles menées dans les années 1950 par Jacques H. Clergues ont identifié, sous les murs actuels, des assises qui pourraient appartenir à une enceinte antérieure au IIe siècle avant notre ère.
Les Romains complètent l'ouvrage au Ier siècle. Il en subsiste la porte de l'Orme, encadrée de deux tours à l'origine carrées, la Tourraque, et des fragments noyés dans la maçonnerie des remparts ultérieurs.
Les murailles de l'an mille
Au tournant du premier millénaire, après la reconquête de la Provence, la ville se reconstruit derrière ce que les textes appellent les murailles de l'an mille, percées de quatre portes, l'Orme, le Trou, Juissy et Révely. Elles font communiquer la vieille ville, sur le rocher, et la basse ville qui s'étend vers le port.
Au XVIe siècle, une place frontière
En 1386, Nice et son arrière-pays font allégeance au comte de Savoie. En 1482, Louis XI réunit la Provence à la France. Le résultat est une frontière qui passe au Var, à quelques kilomètres, et Antibes devient la porte de la France de ce côté, qu'il faut fortifier.
Les murailles sont relevées à partir de 1506 et le port curé. Les incursions de Charles-Quint, en 1524 puis 1536, prouvent que cela ne suffit pas. En 1550, Henri II ordonne d'entourer la chapelle Saint-Laurent d'une tour circulaire fortifiée, achevée en 1553, et de bâtir un fort sur l'îlot Saint-Jacques en 1552. Les travaux sont conduits par Jean de Renaud de Saint-Rémy. À partir de 1565, quatre bastions en pointe, nommés Antibes, Nice, Corse et France, viennent épauler la tour Saint-Laurent. C'est le noyau du futur Fort Carré.
Les quatre bastions de Bonnefons, au XVIIe siècle
Entre 1602 et 1611, les ingénieurs du roi Raymond de Bonnefons et son fils Jean élèvent l'enceinte terrestre, celle qui ferme la ville du côté de la campagne. Ses quatre bastions portent les noms de la cour de l'époque, Roy pour Henri IV, Guise pour Charles de Lorraine, Rosny pour le surintendant des fortifications, Dauphin pour le futur Louis XIII.
Vauban, à partir de 1675
Vauban, commissaire général des fortifications, garde l'enceinte existante et la renforce. Il approfondit les fossés, double les remparts, et renforce les courtines par trois demi-lunes et trois cavaliers, sur les bastions de Guise, du Roy, qui reçoit une poudrière, et du Dauphin. La réalisation revient à Honoré Allègre. Les travaux sont dirigés par Antoine de Niquet, de 1682 à 1687, puis par des Fourneaux.
Le port est creusé en 1680, à six mètres de profondeur. Le chantier fait remonter un candélabre de marbre, des tombeaux, des fragments de colonnes et des monnaies des douze Césars. En revanche, le projet vaubanien d'un mur continu reliant le Fort Carré à la ville ne sera jamais achevé.
Les sièges de 1707 et de 1746
Le 22 août 1707, pendant la guerre de Succession d'Espagne, les troupes austro-savoyardes du prince Eugène, appuyées par une escadre anglaise, mettent le siège. La ville est bombardée, puis les assaillants sont chassés, mais la campagne est dévastée, Biot pillée et Vallauris massacrée.
Quarante ans plus tard, pendant la guerre de Succession d'Autriche, la contre-attaque austro-piémontaise assiège de nouveau la place durant l'hiver 1746-1747. Les bombardements détruisent plusieurs centaines de maisons. Le gouverneur, le comte de Sade, refuse de rendre la ville, et le siège est levé en janvier 1747.
Les derniers ajouts
Le mur continue de bouger jusqu'au XIXe siècle. Le bastion et la porte de la Marine sont construits de 1719 à 1724, un nouveau môle en 1743. En 1840, une caserne s'installe à la place du couvent des Bernardines rasé, sous la direction de Charles-Joseph-Pierre Clérici. La caserne Dugommier suit en 1889, et sera démolie en 1973.
Pourquoi le front de mer a survécu
En 1860, le rattachement de Nice à la France repousse la frontière de plusieurs dizaines de kilomètres, et Antibes cesse d'être une place de guerre utile. La place forte est officiellement déclassée en 1889. Le démantèlement commence en 1895.
Il ne se passe pas sans heurts. Le 25 avril 1897, Frédéric Mistral intervient contre l'usage de la dynamite, qui menace les vestiges archéologiques ; les travaux se poursuivent ensuite sous la direction de l'architecte Ernest Macé. La loi du 27 mai 1899 autorise le dérasement, et l'État abandonne les terrains militaires à la ville.
Le front de mer est épargné, parce qu'il sert au commerce et qu'il protège les maisons du bord de mer contre la houle. On rase l'enceinte terrestre de Bonnefons, avec ses bastions Roy, Guise, Rosny et Dauphin, qui fermait la ville côté campagne. Les boulevards remplacent les fossés, la ville s'étend vers l'ouest, et il reste ce mur face à l'eau, long de quelques centaines de mètres, sur lequel on marche aujourd'hui.
Pour voir une fortification de la même époque restée entière, allez au Fort Carré, à 1,2 kilomètre au nord. Pour l'histoire de la ville dans son ensemble, voir notre page histoire d'Antibes.
Questions fréquentes
Les remparts d'Antibes sont-ils payants ?
Non. La promenade de l'Amiral de Grasse, qui court sur le mur face à la mer, est gratuite, sans grille et accessible jour et nuit. Seuls les musées sont payants, 12 euros pour le musée Picasso au château Grimaldi et 5 euros pour le musée d'Archéologie au bastion Saint-André.
Quelle est la longueur de la promenade sur les remparts ?
La promenade de l'Amiral de Grasse elle-même mesure 542 mètres. En enchaînant les huit repères du bastion Saint-Jaume au bastion Saint-André, on parcourt environ 1,2 kilomètre, soit seize minutes de marche sans arrêt.
Peut-on y voir le coucher de soleil sur la mer ?
Non. Les remparts regardent l'est, on y voit donc le lever du soleil sur la mer, et le coucher se produit derrière la ville. Pour un soleil couchant côté mer, allez à Juan-les-Pins, qui regarde vers l'ouest.
Qui a construit les remparts d'Antibes ?
Chaque époque a repris le mur de la précédente. Les Grecs ferment le rocher au VIe siècle avant notre ère, les Romains complètent l'enceinte, les murailles de l'an mille lui succèdent, puis Raymond de Bonnefons et son fils élèvent les quatre bastions terrestres entre 1602 et 1611. Vauban, à partir de 1675, renforce la place en approfondissant les fossés, en doublant les remparts et en ajoutant demi-lunes et cavaliers.
Pourquoi ne reste-t-il qu'une partie des remparts ?
Parce que le reste a été démoli volontairement. Le rattachement de Nice à la France en 1860 rend la place inutile, elle est déclassée en 1889 et le démantèlement commence en 1895. Le front de mer a été conservé parce qu'il servait au commerce et protégeait les habitations de la houle. Toute l'enceinte terrestre a disparu.
La promenade est-elle accessible en fauteuil ou en poussette ?
Difficilement. Le sol est en pavé ancien, avec des ressauts et quelques marches aux raccordements. L'accès le plus plat se fait par la Porte Marine, côté port. Pour une balade en bord de mer sans obstacle, la promenade du littoral vers la plage de la Salis est plus adaptée.
Sources. Site associatif Antibes Historique pour la chronologie des fortifications, Ville d'Antibes Juan-les-Pins pour les tarifs des musées, OpenStreetMap pour les distances entre les repères. Vérifié le 27 septembre 2026.